Après quinze années passées à travailler dans le secteur du transport en commun, malgré ses diplômes en agronomie, Moustapha Faye a fait un retour remarqué à ses premières passions : l’agriculture.

Une reconversion qui s’inscrit dans une dynamique de développement durable et d’autosuffisance alimentaire pour le Sénégal.

Ce vendredi, notre équipe de rédaction a effectué une immersion dans trois fermes situées dans la zone de Keur Moussa, au cœur d’un bassin agricole en plein essor. La première visite nous a conduit à la ferme de Moustapha Faye, spécialisé en arboriculture. Sur une superficie d’un hectare six cent, il cultive diverses variétés de fruits : papaye, mangue, orange, citron, corossol, noni, lentilles, bananes, et pratique également du maraîchage. Son exploitation, qualifiée de “terre bénie”, génère un rendement hebdomadaire pouvant atteindre entre 600 kilos et une tonne de fruits. Dans une autre parcelle, il exploite un hectare et demi de papaye, notamment la variété très prisée appelée “Papaye Solo”. Lors d’un entretien riche en enseignements, Moustapha Faye a partagé ses ambitions et ses difficultés, notamment le manque de financement. « La technicité est là, mais il nous faut des fonds pour étendre nos activités », a-t-il dit. Il souligne également le rôle social de ses plantations : plus de douze personnes trouvent un emploi ici, avec des salaires décents, malgré la location des terres pour ses activités. Fort de son expérience, Moustapha Faye aspire à contribuer davantage à l’économie nationale. « Je peux énormément apporter en termes d’emploi et d’autosuffisance alimentaire. Je suis aussi parmi les plus grands producteurs de pépinières de la région », confia-t-il. Son parcours l’a également mené à une immersion dans le Fouta, au Nord du Sénégal, où il a cultivé des lentilles avec succès. Pour lui, le soutien de l’État est crucial : « Nous avons besoin de financements et de mécanismes pour développer notre projet, afin de créer de la valeur ajoutée pour notre pays », insiste-t-il. La période d’hivernage, propice à la verdure et à la croissance, a permis de mieux apprécier cette dynamique. Lors de notre visite, nous avons rencontré Ousmane Mbengue, technicien agronome dans l’exploitation de Moustapha Faye. Diplômé en agronomie, il témoigne de l’impact positif de ces initiatives sur l’emploi et la lutte contre l’émigration clandestine : « Ces périmètres agricoles sont des incubateurs pour les jeunes, et leur développement pourrait faire reculer l’émigration illégale », explique-t-il. Enfin, Boubacar Diarra, représentant de l’association “J’aime Mon Pays”, a lancé un appel aux autorités : « Il faut soutenir Moustapha Faye et ses collègues en leur apportant des financements, car ils travaillent en bio, sans pesticides, et ont un fort potentiel pour la création d’emplois. »

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« Ces périmètres agricoles sont des incubateurs pour les jeunes, et leur développement pourrait faire reculer l’émigration illégale », explique-t-il

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