Lorsque le patriotisme devient une marchandise sur le marché des intérêts politiques,
tandis que l’État démontre sa capacité à accomplir de grandes réalisations malgré les
changements de gouvernements et de majorités, une question fondamentale s’impose

post Savons-nous tirer les leçons de notre histoire ou demeurons-nous prisonniers de nos
rivalités ?

I. LE SÉNÉGAL FACE À UN PARADOXE POLITIQUE
ET NATIONAL QUI MÉRITE UNE PROFONDE
RÉFLEXION

Notre pays, le Sénégal, traverse une période qui appelle une réflexion nationale sérieuse, non pas simplement pour dresser l’inventaire des divergences politiques et parlementaires, mais pour comprendre la nature des rapports entre le pouvoir, la responsabilité et l’intérêt général. Il s’agit également de rechercher les raisons pour lesquelles les institutions semblent parfois
davantage absorbées par leurs confrontations que par les préoccupations et les attentes des citoyens. À l’heure où s’intensifient les tensions politiques et où se multiplient les controverses autour des décisions publiques, des compétences institutionnelles et des orientations gouvernementales, le Sénégal accueille sur son territoire un événement historique sans précédent sur le continent africain.
Il s’agit des Jeux olympiques de la Jeunesse, Dakar 2026. Une contradiction particulièrement significative apparaît alors devant nous : Comment le Sénégal a-t-il pu préserver et poursuivre un grand projet international pendant huit années, à travers différentes périodes politiques, alors que ses institutions
éprouvent parfois des difficultés à construire les consensus nécessaires à la bonne conduite des affaires publiques ? Il ne s’agit pas simplement d’établir une comparaison entre une réussite sportive et des divergences politiques.
Il s’agit de réfléchir à la signification profonde de l’État et de sa continuité, au sens véritable du patriotisme et à la distinction fondamentale entre la responsabilité publique et les ambitions personnelles. Car les nations ne se construisent pas uniquement par les discours et ne progressent pas simplement à la faveur des changements de gouvernements. Elles avancent lorsque l’intérêt général devient un principe permanent, qui ne varie pas au gré
des positions politiques.

II. QUAND LE PATRIOTISME DEVIENT UNE
MARCHANDISE SUR LE MARCHÉ DES INTÉRÊTS
POLITIQUES

L’une des dérives les plus préoccupantes de la vie politique apparaît lorsque les principes cessent d’être des convictions constantes pour devenir des positions fluctuantes, soumises aux intérêts, aux fonctions et aux alliances. Il arrive ainsi qu’un responsable politique défende avec vigueur une décision lorsqu’elle émane de ses alliés, avant de combattre cette même décision lorsqu’elle est prise par ses adversaires. Il arrive également qu’un responsable exige le respect des institutions lorsqu’elles protègent sa position, puis les considère comme des obstacles lorsqu’elles ne répondent plus à ses aspirations.
Il arrive enfin que la défense de la Constitution devienne un slogan répété dans les discours, sans que le respect de son esprit et de ses finalités se manifeste avec la même constance dans les pratiques. À ce propos, une célèbre anecdote satirique, fréquemment attribuée à l’écrivain et penseur irlandais George Bernard Shaw, mérite d’être rappelée, même si son attribution historique
demeure incertaine. L’anecdote de Bernard Shaw et de la femme : lorsque le désaccord ne porte pas sur le principe, mais sur le prix on raconte que le célèbre écrivain George Bernard Shaw assistait un jour à une réception. S’étant assis à côté d’une belle femme, il lui aurait murmuré à l’oreille :
« Accepteriez-vous de passer une nuit avec moi en échange d’un million de millions de livres sterling ? » La femme aurait souri avant de répondre avec une certaine timidité : « Bien entendu, avec grand plaisir ! » L’écrivain, après s’être assuré de son consentement, lui aurait alors posé une seconde question
« Accepteriez-vous que nous réduisions cette somme à seulement dix livres sterling ? » Indignée, la femme se serait mise en colère et lui aurait lancé :
« Pour qui me prenez-vous donc, Monsieur ? ! » Et Bernard Shaw lui aurait répondu avec ironie : « Madame, nous savons désormais ce que vous êtes ; nous ne faisons que discuter du montant de la rémunération ! » L’anecdote s’arrête ici, mais c’est précisément à cet instant que commence sa véritable portée morale et politique. Cette histoire ne concerne pas la femme en tant que telle. Elle utilise une contradiction satirique pour illustrer le décalage entre la proclamation d’un principe et la disposition à y renoncer lorsque la contrepartie change. C’est ce qui rend cette anecdote particulièrement révélatrice de certaines pratiques politiques contemporaines. Chez certains acteurs politiques, le véritable différend ne semble parfois pas porter sur les principes eux-mêmes, mais sur les avantages qu’ils espèrent obtenir au nom de ces principes. Dès lors, plusieurs questions s’imposent. Combien de responsables politiques brandissent le patriotisme lorsque leurs intérêts sont préservés, avant de devenir des opposants acharnés lorsqu’ils perdent leurs positions ou leurs privilèges ? Combien se présentent comme les défenseurs de la Constitution et des institutions, alors que leurs positions évoluent au rythme des alliances politiques ? Combien de discours invoquent le peuple, la transparence, la justice et la souveraineté, sans que ces proclamations soient accompagnées d’engagements constants ou de résultats concrets ? Ces interrogations ne signifient nullement que toute opposition relève de l’opportunisme, ni que tout changement de position traduit nécessairement une mauvaise intention. Une évolution politique peut parfaitement résulter d’une réflexion légitime ou de l’apparition de nouvelles circonstances. Mais il importe de distinguer ceux qui justifient publiquement leurs changements de position
par des considérations d’intérêt général de ceux dont les critères semblent varier selon leurs propres avantages. Le patriotisme authentique ne change pas de prix au gré des fonctions et ne se négocie pas aux enchères des alliances politiques. Le principe qu’un responsable défend lorsqu’il se trouve dans l’opposition devrait demeurer respectable lorsqu’il accède au pouvoir.
De même, la règle qu’il exige de ses adversaires devrait pouvoir s’appliquer à lui-même et à ses alliés. Car le danger le plus profond pour l’État ne réside pas dans la simple diversité des opinions politiques. Il apparaît lorsque disparaissent les références constantes permettant au citoyen de distinguer la fidélité à un principe de la défense d’un intérêt particulier.

III. PARLEMENT, GOUVERNEMENT ET
PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE : DES
INSTITUTIONS AU SERVICE DE L’ÉTAT, NON DES
ARÈNES DE CONFRONTATION

L’Assemblée nationale du Sénégal est une institution constitutionnelle représentant le peuple et exerçant ses prérogatives législatives ainsi que son pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale conformément à la Constitution. Le gouvernement est chargé de conduire et de mettre en œuvre les politiques publiques, dans les limites des compétences qui lui sont attribuées.
Quant à la présidence de la République, elle exerce les responsabilités que lui confère la Constitution, notamment celles relatives à son respect et au fonctionnement régulier des institutions. Ces autorités ne sont pas des entités concurrentes se disputant la propriété de l’État. Elles constituent des institutions participant à l’équilibre de la République, même lorsque leurs compétences diffèrent ou que leurs responsables défendent des positions divergentes.
Le Parlement possède le droit de débattre, de contrôler et de rejeter les textes dans le respect des procédures légales. Le gouvernement a le devoir de fournir les informations nécessaires, de justifier ses décisions et d’accepter le contrôle institutionnel. La responsabilité constitutionnelle exige, quant à elle, que les différends soient traités par les mécanismes juridiques et politiques prévus à cet effet, afin de préserver la continuité de l’action publique. Ce qui doit être rejeté, par principe, c’est la transformation des compétences constitutionnelles en instruments de rivalités personnelles ou d’entrave à l’intérêt général. La Constitution n’a pas été conçue pour devenir une arme permettant aux responsables politiques de triompher les uns des autres. Elle constitue le fondement de l’organisation du pouvoir, de la continuité de l’État et de la protection des droits des citoyens. Ainsi, un désaccord légitime sur une politique publique ou sur un projet de loi devrait demeurer une divergence institutionnelle pouvant être discutée et tranchée conformément au
droit. Toute divergence ne doit pas devenir une crise nationale. Toute objection ne doit pas se transformer en confrontation entre les pouvoirs. Car le citoyen sénégalais n’attend pas de ses dirigeants qu’ils démontrent leur supériorité les
uns sur les autres. Il attend d’eux qu’ils administrent efficacement la République.

IV. QUI PAIE LE PRIX DES CONFRONTATIONS
POLITIQUES ?

Les conséquences des perturbations politiques ne s’arrêtent pas aux portes du palais présidentiel, de l’Assemblée nationale ou des ministères. Lorsque les décisions publiques sont affectées, que certaines procédures sont retardées ou que la confiance dans le fonctionnement régulier des institutions se détériore, les répercussions peuvent toucher de nombreux secteurs de la société. L’agriculteur qui attend de pouvoir commercialiser sa production a besoin d’une politique agricole cohérente et de marchés organisés. Le jeune qui recherche un emploi a besoin d’une économie productive et d’investissements durables. Le travailleur inquiet pour son avenir professionnel a besoin de stabilité économique et sociale. Le commerçant confronté au ralentissement des activités a besoin d’un environnement
prévisible. La famille qui supporte difficilement le coût de la vie a besoin de politiques publiques tenant compte de son pouvoir d’achat. Aucun discours politique, aussi brillant soit-il, ne saurait remplacer la satisfaction des besoins
essentiels des citoyens. Le peuple n’a pas accordé sa confiance à ses représentants pour qu’ils transforment les institutions en terrains de compétition permanente, mais pour que chacun assume ses responsabilités au service de l’intérêt général. C’est pourquoi les véritables questions à adresser à tout responsable public devraient être les suivantes :
Qu’avez-vous accompli pour améliorer les conditions de vie des citoyens ?
Quelles solutions avez-vous proposées ?
Quels problèmes avez-vous contribué à résoudre ?
Quels résultats mesurables découlent de vos décisions et de vos actions ?
Ce sont ces questions qui donnent à l’engagement politique sa véritable signification.

V. DAKAR 2026 : UN ÉVÉNEMENT OLYMPIQUE
DONT LA SIGNIFICATION DÉPASSE LE SPORT

Au milieu de ces interrogations, Dakar 2026 offre une expérience nationale différente, qui mérite une analyse approfondie. Le 8 octobre 2018, le Comité international olympique décidait de confier au Sénégal l’organisation de la quatrième édition des Jeux olympiques de la Jeunesse d’été, faisant ainsi de notre pays le premier État africain appelé à accueillir une manifestation olympique. Initialement programmés pour 2022, les Jeux ont été reportés à 2026 à la suite de la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, du 31 octobre au 13 novembre 2026, notre pays accueille cet événement historique. Huit années se sont écoulées entre la décision d’attribution et la réalisation de cette manifestation. Huit années d’engagements internationaux, de planification, de préparation, de coordination administrative et technique.
L’importance de cet événement ne réside pas uniquement dans le nombre de participants ou dans les médailles qui seront décernées, malgré leur valeur sportive et symbolique. Sa portée nationale la plus profonde réside dans le fait que le Sénégal a su poursuivre un grand projet international à travers différentes périodes politiques et gouvernementales. Cette réalisation nous place devant une question essentielle : Comment parvenons-nous à honorer des engagements internationaux pendant huit années, alors que nous éprouvons parfois des difficultés à préserver les consensus nécessaires à la conduite de nos propres affaires nationales ? Il ne s’agit pas de nier les difficultés rencontrées au cours des préparatifs, ni de considérer prématurément que tous les aspects de l’organisation sont réussis avant la publication d’un bilan définitif.
Il s’agit de reconnaître que la poursuite de ce projet jusqu’à sa phase de réalisation constitue une expérience digne d’étude en matière de planification, de coordination et de continuité des engagements publics.

VI. POURQUOI LE SÉNÉGAL ? ET OÙ SONT LES
GRANDES PUISSANCES AFRICAINES ?

Le continent africain compte des États disposant de ressources économiques et humaines importantes ainsi que d’infrastructures sportives considérables.
Il y a l’Afrique du Sud, forte de son expérience dans l’organisation de grandes manifestations internationales. Il y a le Nigeria, avec son poids démographique et économique. Il y a l’Égypte, avec ses institutions anciennes et ses infrastructures sportives développées. Il y a le Maroc, qui a réalisé des progrès notables dans les infrastructures et l’accueil d’événements sportifs internationaux. Pourtant, c’est le Sénégal qui est devenu la première terre africaine à accueillir cette manifestation olympique. Il convient de préciser que tous ces pays n’étaient pas directement en compétition pour l’organisation des Jeux de 2026. Le processus d’expression d’intérêt avait notamment concerné le Sénégal, le Nigeria, le Botswana et la Tunisie. Mais cette précision ne réduit en rien la portée historique du choix effectué. Elle nous conduit plutôt à nous interroger : Pourquoi le projet sénégalais a-t-il bénéficié de cette confiance internationale ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de cette décision ?
La puissance économique n’est pas le seul critère permettant à un État de présenter un projet international convaincant. La clarté de la vision, la capacité de planification, la nature du projet, les engagements présentés et l’adéquation de la candidature aux objectifs poursuivis constituent également des éléments déterminants. La grandeur des nations ne se mesure pas uniquement aux richesses qu’elles possèdent, mais aussi à leur vision, à leur crédibilité et à leur capacité de transformer leurs engagements en réalisations. Voilà une leçon qui devrait élever notre ambition collective.
Si nous avons su convaincre le monde de notre capacité à accueillir un événement historique, nous devons rechercher les moyens de transformer cette confiance en réalisations durables dans d’autres secteurs.

VII. HUIT ANNÉES DE PRÉPARATION : L’ÉTAT EST
PLUS GRAND QUE LES GOUVERNEMENTS

C’est probablement l’enseignement politique le plus profond que nous offre Dakar 2026. Depuis la désignation du Sénégal en 2018 jusqu’à l’organisation des Jeux en 2026, plusieurs étapes politiques se sont succédé. Des responsables ont changé. Des priorités gouvernementales et administratives ont évolué. Et pourtant, le projet a été poursuivi. L’engagement international n’a pas disparu du seul fait de l’évolution des responsabilités politiques. Les différences d’appartenance partisane n’ont pas suffi à entraîner l’annulation du projet. Les institutions de l’État et les organismes concernés ont continué à travailler jusqu’à la phase de réalisation. Nous devons ici méditer une vérité fondamentale : Les gouvernements passent, les majorités parlementaires changent, les présidents et les ministres se succèdent, mais l’État demeure.
L’État n’appartient ni au président de la République, ni au Premier ministre, ni au président de l’Assemblée nationale. Il n’appartient à aucun parti politique, quelle que soit sa popularité ou l’importance de sa majorité. Il constitue un patrimoine institutionnel commun, qui transcende les personnes, les alliances et les échéances électorales. Tout responsable qui accède à une fonction publique reçoit temporairement une charge qu’il doit exercer avant de la transmettre à son successeur. De cette réalité découle un principe politique qui devrait faire partie intégrante de notre culture nationale : Celui qui entreprend un projet n’est pas nécessairement celui qui l’achève, et celui qui l’achève n’appartient pas nécessairement au parti politique de celui qui l’a initié.
Une réalisation utile à la Nation ne perd pas sa valeur lorsque ses initiateurs quittent leurs fonctions. De même, achever un projet engagé à une autre époque n’enlève aucun mérite à celui qui en assure la poursuite. Cela peut, au contraire, témoigner d’une compréhension profonde de l’État et de la continuité de ses engagements. Si le Sénégal a su préserver le projet Dakar 2026 pendant huit années, malgré l’évolution des circonstances politiques et économiques, pourquoi cette culture ne deviendrait-elle pas une
référence permanente dans la conduite de l’ensemble des affaires publiques ?

VIII. COMMENT RÉUSSISSONS-NOUS UN PROJET
INTERNATIONAL ALORS QUE NOUS PEINONS PARFOIS À RÉSOUDRE NOS DIVERGENCES
INTERNES ?


Le Sénégal a su mobiliser des institutions, des administrations, des ressources humaines et financières, tout en coordonnant son action avec plusieurs partenaires internationaux autour d’un objectif commun. Dans le même temps, notre vie politique connaît des débats particulièrement vifs et des différends récurrents concernant les décisions publiques et les rapports entre institutions. Une contradiction mérite alors d’être examinée. Comment pouvons-nous planifier un événement international pendant huit années, tout en rencontrant des difficultés à nous accorder sur certaines priorités nationales urgentes ? Comment pouvons-nous coordonner plusieurs organismes pour organiser une manifestation olympique, alors que la coopération entre certains responsables politiques devient parfois elle- même une source de différends ?
Comment pouvons-nous accueillir la jeunesse du monde, alors qu’une partie importante de notre propre jeunesse continue de rechercher des possibilités d’emploi, de formation et de production ? Comment pouvons-nous déployer des efforts exceptionnels pour valoriser l’image du Sénégal devant la communauté internationale, alors que les citoyens attendent de retrouver cette même efficacité organisationnelle dans leur vie quotidienne ? Ces interrogations ne visent nullement à diminuer l’importance des Jeux olympiques de la Jeunesse. Elles invitent à généraliser les enseignements que nous pouvons en tirer. Un État capable d’honorer ses engagements devant le monde doit déployer la même détermination pour respecter les engagements pris envers son propre peuple. L’efficacité administrative, la discipline organisationnelle et la coordination institutionnelle ne doivent pas devenir des qualités saisonnières, réservées exclusivement à l’accueil de manifestations internationales. Elles doivent constituer une méthode permanente de gestion des affaires publiques.

IX. DU PROJET OLYMPIQUE À UN PROJET
NATIONAL GLOBAL

Si le Sénégal est capable de préparer un projet international pendant huit années, pourquoi ne pourrions-nous pas adopter la même rigueur dans la planification à long terme de l’agriculture, de l’industrie, de l’éducation, de la santé et de l’emploi ? Pourquoi ne pas définir des objectifs nationaux clairs dépassant la durée d’un mandat présidentiel ou parlementaire, tout en garantissant leur évaluation et leur amélioration continues ? L’expérience de Dakar 2026 nous invite à retenir cinq principes fondamentaux.
1. La continuité des politiques publiques : un changement de gouvernement ne devrait pas entraîner l’abandon de projets utiles au seul motif qu’ils ont été engagés dans un autre contexte politique. Chaque projet doit être évalué selon sa pertinence, son coût et sa contribution à l’intérêt général.
2. La planification à long terme : le véritable développement exige une vision structurée et des objectifs mesurables qui dépassent les considérations électorales et les intérêts partisans immédiats.
3. La coopération entre les institutions : l’État ne peut mener à bien de grands projets si ses autorités fonctionnent dans une logique permanente de confrontation plutôt que dans une coordination respectueuse des compétences constitutionnelles. 4. La valorisation durable des investissements : les infrastructures, les expériences et les compétences acquises grâce aux Jeux doivent devenir un patrimoine national durable au service de la jeunesse et de la société.
5. La transparence et la responsabilité : les dépenses d’organisation, les sources de financement, les retombées économiques et sociales ainsi que les modalités de gestion des installations après les Jeux doivent faire l’objet d’une évaluation claire. La fierté nationale ne dispense jamais les institutions du devoir de rendre compte. Elle devrait, au contraire, renforcer leur engagement en faveur de la transparence et de la bonne gestion des ressources publiques.

X. QUE RESTERA-T-IL AU SÉNÉGAL APRÈS LE 13
NOVEMBRE 2026 ?

Lorsque les compétitions seront terminées, lorsque les délégations étrangères auront quitté notre territoire et lorsque les cérémonies appartiendront à la mémoire collective, plusieurs questions essentielles demeureront.
Quels bénéfices durables le peuple sénégalais retirera-t-il de cette expérience ?
Les infrastructures sportives deviendront-elles des équipements pérennes au service de la jeunesse ? Les compétences organisationnelles acquises seront-elles valorisées pour améliorer le fonctionnement de nos institutions ?
Les relations internationales développées à cette occasion ouvriront-elles de nouvelles perspectives en matière de formation, d’économie et d’investissement ? Des effets tangibles apparaîtront-ils dans l’emploi, la formation professionnelle et les services ? Un dispositif clair permettra-t-il d’assurer l’entretien des infrastructures et la continuité de leur utilisation ?
La véritable réussite d’un événement international ne se mesure pas exclusivement à la splendeur de sa cérémonie d’ouverture. Elle se mesure également aux effets positifs qu’il laisse après sa clôture. Les médailles sont décernées aux athlètes ; la véritable réussite nationale se mesure aux progrès, à la stabilité et aux nouvelles opportunités dont bénéficie la société. C’est pourquoi un bilan national global et transparent de Dakar 2026 devrait permettre de déterminer ce qui a effectivement été accompli, ce qui reste à réaliser et ce qui devra être amélioré à l’avenir.

XI. UN MESSAGE À LA CLASSE POLITIQUE ET
PARLEMENTAIRE
Ce que nous enseigne Dakar 2026, ce n’est pas que les divergences politiques doivent disparaître. Le pluralisme des opinions constitue une composante naturelle de la démocratie. Mais les désaccords ne devraient pas nécessairement conduire à l’entrave de l’action nationale. La responsabilité publique ne doit pas s’arrêter aux frontières des intérêts partisans. L’État est plus grand que les individus, plus durable que les gouvernements et plus vaste
qu’une majorité parlementaire. C’est ici que l’anecdote attribuée à Bernard Shaw revient à notre esprit. La question que nous devons nous poser est la suivante : nos divergences résultent-elles réellement de différences de principes, ou simplement de changements d’intérêts, de positions et de privilèges ? Défendons-nous les institutions uniquement lorsqu’elles sont entre nos mains, ou les défendons-nous parce qu’elles appartiennent à la République, indépendamment de ceux qui les dirigent ? Respectons-nous la Constitution parce qu’elle protège l’État et les citoyens, ou cherchons- nous seulement dans ses dispositions ce qui peut justifier nos positions à un moment donné ?
Ces interrogations touchent au cœur même de l’éthique politique.
L’appartenance partisane ne devrait jamais primer sur la fidélité à la Nation.
Le Parlement ne doit pas devenir un instrument de règlement de comptes.
Le gouvernement ne doit pas se considérer comme étant au-dessus du contrôle institutionnel. Et la responsabilité présidentielle ne devrait pas se limiter à la gestion des équilibres politiques, au détriment du fonctionnement régulier des institutions. Chaque institution possède son rôle. Chaque autorité dispose de ses compétences. Mais elles poursuivent toutes une finalité commune : servir la République. Si nos institutions ont pu contribuer à préserver un projet international pendant huit années, le fonctionnement régulier de notre vie constitutionnelle et administrative doit devenir une priorité nationale permanente. Le patriotisme auquel nous aspirons n’est pas celui qui varie selon les intérêts. C’est celui qui accepte le principe de responsabilité pour tous, protège les projets utiles et place les préoccupations du citoyen au-dessus des intérêts des partis.

XII. QU’AVONS-NOUS APPRIS ET QUE DEVONS-
NOUS DÉSORMAIS CHANGER ?

L’expérience de Dakar 2026 ne doit pas s’achever sur une simple manifestation de fierté nationale. La fierté, à elle seule, ne construit pas les institutions. Elle ne crée pas les emplois. Elle ne développe pas l’économie. Elle ne garantit pas la justice sociale. Ce qui importe désormais, c’est de transformer cette expérience en une nouvelle culture de gestion, de planification et de responsabilité nationale. Une culture qui considère les projets nationaux comme un patrimoine du peuple et non comme la propriété des partis. Une culture qui reconnaît les réalisations, corrige les insuffisances et poursuit ce qui a démontré son utilité. Une culture qui comprend que s’opposer politiquement ne signifie pas combattre systématiquement toute action gouvernementale. Et que soutenir un gouvernement ne signifie pas approuver toutes ses décisions. Une culture qui fait du fonctionnement régulier des institutions et de la continuité des services publics des principes permanents de l’action politique.
Les États ne progressent pas uniquement parce qu’ils changent de gouvernements. Ils progressent lorsqu’ils renforcent leurs institutions, améliorent leurs méthodes de gestion et accumulent leurs acquis au fil du temps. La plus grande leçon que nous pouvons tirer de cet événement historique est donc la suivante : La construction de l’État n’est pas le projet exclusif d’un gouvernement, mais la responsabilité de générations successives. Et lorsque nous apprenons à préserver les réalisations nationales malgré nos divergences politiques, nous commençons véritablement à construire une République plus mature et plus stable.

XIII. UN DERNIER APPEL À LA CONSCIENCE
NATIONALE

Le monde est venu au Sénégal pour assister à un événement olympique historique sur le sol africain. Mais la question qui devra demeurer après la fin des Jeux est la suivante : Saurons-nous, nous Sénégalais, faire de cet événement le point de départ d’une nouvelle conscience de l’État, de la Nation et de la responsabilité ? Saurons-nous comprendre, à travers huit années de préparation, que la réussite exige patience, planification, coopération et continuité ? Nos responsables politiques et parlementaires sauront-ils reconnaître que l’avenir du Sénégal dépasse leurs divergences et que servir le peuple est plus important que les rivalités pour les fonctions et les positions d’influence ? Le peuple sénégalais n’a pas besoin de davantage de discours proclamant qu’on l’aime. Il a besoin de politiques qui traduisent cet attachement en actes et en résultats. Il n’a pas besoin de ceux qui prétendent détenir le monopole du patriotisme. Il a besoin de responsables qui respectent les institutions, servent les citoyens et préservent les ressources de l’État. Il n’a pas besoin de responsables politiques dont les principes varient selon leurs intérêts. Il a besoin de dirigeants capables de respecter eux-mêmes les règles qu’ils exigent des autres. C’est ici que la leçon morale de l’anecdote attribuée à Bernard Shaw rejoint l’enseignement historique de Dakar 2026.
La première nous met en garde contre la marchandisation des principes sur le marché des intérêts. La seconde nous enseigne que servir la Nation suppose des engagements qui se poursuivent malgré les changements de personnes et de positions politiques. C’est entre ces deux exigences que se joue l’avenir de notre maturité politique.
Un patriotisme qui varie selon les intérêts n’est pas un patriotisme solidement enraciné. Une politique qui sacrifie les besoins des citoyens aux rivalités de positionnement perd l’essence de sa mission. Et un État qui ne préserve pas la continuité de ses institutions risque de ne pas tirer pleinement profit de ses réalisations. Le Sénégal a réussi à attirer l’attention du monde grâce aux Jeux olympiques de la Jeunesse. Mais saura-t-il permettre à ses propres citoyens de constater la même rigueur et la même efficacité dans la gestion de leurs préoccupations quotidiennes ? Voilà le véritable défi. Voilà la leçon qui ne devrait pas disparaître avec la fin des célébrations. La République ne commence pas avec l’arrivée d’un gouvernement et ne disparaît pas avec son départ. Une nation ne se construit pas en effaçant les réalisations de ceux qui nous ont précédés, mais en accumulant les efforts utiles, en corrigeant les erreurs et en préservant la continuité de l’État.
La plus grande médaille que le Sénégal devrait retirer de Dakar 2026 n’est ni une médaille d’or ni une médaille d’argent, mais celle de la maturité politique, de la continuité institutionnelle, de la responsabilité nationale et du développement durable. Que cette interrogation demeure adressée à chaque responsable politique et à chaque citoyen sénégalais : Voulons-nous construire une nation dont les réalisations dépassent la durée des gouvernements et les frontières des partis, ou demeurer prisonniers de rivalités dans lesquelles les positions évoluent au gré des intérêts ? Le Sénégal est plus grand que nous tous. L’intérêt du peuple est supérieur à toute ambition personnelle ou partisane. Que Dakar 2026 marque donc le début d’une nouvelle leçon nationale : ne marchandons pas nos principes, n’entravons pas nos institutions et ne détruisons pas ce qui sert la
Nation au seul motif que d’autres l’ont entrepris.

XIV. LE PEUPLE N’A PAS VOTÉ POUR UNE
NOUVELLE TROMPERIE POLITIQUE !

Entre les promesses de rupture, la désillusion populaire et la responsabilité des dirigeants actuels Le peuple sénégalais n’est pas naïf : le moment est venu de désigner clairement les responsabilités et de les appeler par leur nom. Le peuple sénégalais n’a pas accordé sa confiance politique pour voir de nouvelles promesses remplacer les anciennes, ni pour passer d’une période d’attente à une autre, ni pour que ses aspirations au changement deviennent une nouvelle matière à discours, à manœuvres et à confrontations politiques.
Il a voté pour un changement réel, perceptible dans son existence quotidienne, dans les conditions de vie de ses enfants et dans ses perspectives économiques et sociales. Il a voté pour un État plus juste, des institutions plus efficaces, une administration plus transparente et des politiques davantage capables de répondre à ses difficultés. Il n’a pas voté pour que la rupture tant annoncée se réduise à un slogan politique, pour que la souveraineté nationale devienne un instrument de surenchère partisane ou pour que les
priorités économiques et sociales disparaissent derrière les rivalités de compétences et d’influence.
La véritable rupture ne se mesure pas à la virulence des discours, mais à la profondeur des réformes et à la clarté des résultats. Le patriotisme ne se mesure pas non plus au nombre de fois qu’un responsable prononce le mot « peuple », mais à ce qu’il apporte concrètement à ce peuple en matière de sécurité économique, de dignité sociale, de justice et d’opportunités réelles. La responsabilité d’aujourd’hui incombe à ceux qui gouvernent aujourd’hui Nous ne voulons pas que l’évocation permanente du passé devienne un moyen de différer la responsabilité du présent. Nous ne pouvons accepter que les difficultés soient transformées en justifications permanentes de l’absence de résultats. La responsabilité politique exige que ceux qui exercent aujourd’hui le pouvoir assument les obligations de leurs fonctions et expliquent au peuple ce qu’ils ont réalisé, ce qui a rencontré des obstacles et ce qu’ils entendent entreprendre pour remédier aux dysfonctionnements existants. Le président de la République est responsable de l’exercice de ses compétences
constitutionnelles et doit veiller au fonctionnement régulier des institutions. Le gouvernement est responsable de la mise en œuvre des politiques publiques, de la recherche de solutions concrètes et des conséquences de ses décisions dans les limites de ses attributions.
L’Assemblée nationale, sa majorité comme l’ensemble de ses membres, est responsable de la législation et du contrôle, ainsi que de l’exercice de ses prérogatives dans le respect de la Constitution et de l’intérêt général. Ces responsabilités ne signifient pas que chaque institution doive répondre des erreurs des autres. Elles signifient que chaque autorité doit rendre compte de ses propres actes, de ses décisions et de ses orientations. Le peuple n’attend pas de ses institutions qu’elles échangent indéfiniment des accusations Il attend qu’elles coopèrent, dans le respect de leurs compétences, pour résoudre les problèmes nationaux. Il ne suffit donc pas que les responsables expliquent les causes des différends politiques.
Ils doivent également préciser comment ils entendent en surmonter les conséquences, garantir la continuité des services publics et assurer la mise en œuvre des politiques indispensables. Les espoirs du peuple ne doivent pas devenir les otages des rivalités politiques Le moment est venu d’adresser les véritables questions à ceux qui exercent les véritables responsabilités. Où sont les résultats tangibles en matière d’amélioration du pouvoir d’achat ? Où sont les solutions durables aux problèmes de l’emploi et de la production ? Où sont les politiques concrètes permettant aux agriculteurs de commercialiser leurs récoltes sans subir des pertes répétées ? Où sont les réformes destinées à rapprocher l’administration des citoyens et à améliorer sa capacité à répondre à leurs besoins ? Où est la cohérence institutionnelle nécessaire à l’exécution des engagements nationaux, sans que les divergences politiques deviennent une source permanente de perturbations ? Ces interrogations ne constituent ni une hostilité envers le gouvernement, ni une opposition à l’État, ni un rejet de la démocratie. Elles représentent des questions légitimes que le citoyen adresse à ceux auxquels il a confié la responsabilité de conduire les affaires publiques. Demander des comptes n’est pas une hostilité politique. La transparence n’est pas une faveur accordée par le gouvernant. Et exiger des résultats n’est pas une remise en cause
des institutions. Ces exigences sont au cœur de la relation démocratique entre le peuple et ses représentants.
De l’anecdote de Bernard Shaw à la leçon de Dakar 2026. C’est ici que convergent les messages essentiels de cette étude. L’anecdote satirique attribuée à George Bernard Shaw nous rappelle les dangers de la transformation des principes en instruments de négociation et de l’évolution des positions au gré des intérêts. L’expérience de Dakar 2026 nous rappelle, quant à elle, que l’État peut préserver de grands engagements nationaux et internationaux, même lorsque les gouvernements et les responsabilités politiques changent.
Entre ces deux enseignements apparaît la responsabilité du gouvernant d’aujourd’hui : Ne pas faire du patriotisme un slogan négociable, ne pas transformer les divergences politiques en facteurs d’affaiblissement de l’État et ne pas substituer les promesses aux réalisations. Si le Sénégal a pu poursuivre un projet olympique historique pendant huit années, pourquoi ne pourrions-nous pas faire de la planification, de la continuité et de la coopération institutionnelle une méthode permanente pour résoudre nos difficultés économiques et sociales ? Si l’État est capable d’honorer ses engagements devant la communauté internationale, le citoyen sénégalais mérite de retrouver la même rigueur dans le respect des engagements qui lui ont été annoncés.
Le temps des résultats est venu, non celui de la répétition des promesses Le Sénégal n’a pas besoin de nouvelles compétitions politiques pour déterminer qui détiendrait une vérité absolue.
Il n’a pas besoin de responsables considérant toute critique légitime comme une attaque personnelle. Il n’a pas davantage besoin de discours qui transforment chaque retard en nécessité, chaque
insuffisance en excuse et chaque divergence en bataille pour la légitimité. Il a besoin de responsabilités clairement définies, de décisions réfléchies, de priorités annoncées et de résultats mesurables. Assez de promesses sans résultats. Assez de querelles au détriment de l’intérêt général. Assez de justifications sans solutions concrètes. Assez d’une politique qui oublie les réalités quotidiennes du peuple. Le peuple a demandé le changement pour que son existence change, et non pour que seuls les noms de ceux qui le gouvernent soient remplacés. Le peuple sénégalais est parfaitement capable de distinguer les discours des réalisations, les principes constants des positions fluctuantes, ainsi que la véritable responsabilité des manœuvres politiques. Si Dakar 2026 a offert au monde une illustration de la capacité du Sénégal à honorer ses
engagements et à organiser un événement historique, il appartient désormais aux responsables publics de faire de cette capacité une réalité permanente dans la gouvernance, l’administration et le développement. Le peuple qui a accordé sa confiance dans l’espoir d’un changement possède pleinement le droit d’en réclamer les résultats. La responsabilité ne se mesure pas à ce qui était proclamé avant l’accession au pouvoir, mais à ce qui est accompli une fois les responsabilités assumées. Et l’histoire ne demandera pas aux dirigeants si leurs slogans étaient séduisants. Elle examinera les effets de leurs décisions sur la vie des populations. L’appel final Que les choses soient claires pour tous : Le Sénégal n’appartient ni à un parti politique, ni à un gouvernement, ni à une majorité parlementaire, ni à quelque responsable que ce soit, aussi élevée que puisse être sa
fonction. Il constitue une patrie commune, l’avenir de plusieurs générations et un patrimoine national qui ne saurait être soumis aux calculs des intérêts particuliers. Les divergences entre responsables ne doivent pas devenir une charge permanente pour les citoyens.
Le patriotisme ne doit pas être transformé en moyen d’obtenir une légitimité politique sans en assumer les obligations. Les élections ne doivent pas se réduire à une simple succession de personnes, tandis que les conditions de vie des citoyens demeurent prisonnières de l’attente. Le moment est venu de désigner les responsabilités par leur nom et d’exiger de chaque institution, comme de chaque responsable, qu’il assume pleinement les obligations relevant de ses compétences, sans fuite devant ses devoirs, sans justifications permanentes et sans échanges interminables d’accusations. Le Sénégal qui a su accueillir le monde à l’occasion d’un événement olympique historique mérite que ses propres enfants constatent des résultats concrets dans l’emploi, la production, l’éducation, la santé, la justice et le développement. Que notre message final demeure parfaitement clair :

LE PEUPLE N’A PAS VOTÉ POUR UNE NOUVELLE TROMPERIE POLITIQUE. IL N’A PAS ACCORDÉ SA CONFIANCE POUR QUE SES ESPOIRS DEVIENNENT
LES OTAGES DES DIVERGENCES ENTRE RESPONSABLES. IL N’A PAS RÉCLAMÉ LE CHANGEMENT POUR QUE SEULS LES TITULAIRES DES FONCTIONS SOIENT REMPLACÉS, MAIS POUR QUE CHANGENT SES CONDITIONS DE VIE ET L’AVENIR DE SES ENFANTS.

Le patriotisme ne réside pas dans ce que nous proclamons à propos du Sénégal, mais dans ce que nous accomplissons pour lui. La responsabilité gouvernementale n’est pas un privilège que l’on acquiert, mais une charge que l’on assume et dont les résultats doivent pouvoir être évalués. Il n’y a pas de patriotisme sans responsabilité, pas de réforme sans résultats et pas de Confiance populaire durable sans respect des engagements.

LE PEUPLE N’A PAS VOTÉ POUR UNE NOUVELLE TROMPERIE POLITIQUE ; IL A VOTÉ POUR CHANGER SA VIE, ET NON SIMPLEMENT POUR CHANGER
LES NOMS DE CEUX QUI LE GOUVERNENT.

Cheikhou Oumar Sall
Fondateur et Président de SÀMM SUÑU SÉNÉGAAL
« Un peuple conscient, une nation debout. »
Thiès, Sénégal
novembre 2026

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Cheikhou Oumar Sall
Fondateur et Président de SÀMM SUÑU SÉNÉGAAL
« Un peuple conscient, une nation debout. »
Thiès, Sénégal
novembre 2026

LE SÉNÉGAL ENTRE
L’INCONSTANCE DES POSITIONS
POLITIQUES ET LA GRANDEUR D’UNE
RÉALISATION NATIONALE : DU
MARCHÉ DES INTÉRÊTS À LA LEÇON
HISTORIQUE DE DAKAR 2026