Pendant que les uns célèbrent, d'autres s'inquiètent déjà du lendemain. Dakar accueille les Jeux olympiques de la jeunesse. Nos enfants jouent, courent, rivalisent et célèbrent une fête exceptionnelle qui honore l'Afrique et le Sénégal.

post C'est une fierté nationale, un moment de bonheur et d'espérance pour toute une génération.

Mais derrière les sourires de ces enfants, combien de parents cachent leurs inquiétudes ? Combien se demandent comment ils vont faire face aux difficultés du quotidien ? Combien d'entrepreneurs attendent désespérément le règlement de leurs créances sur l'État ? Combien de jeunes espèrent encore trouver un emploi ?

Pendant que nos enfants jouent, les parents, eux, pensent à demain.

Et ce lendemain vient de s'assombrir davantage avec le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) par l'Assemblée nationale.

Un budget n'est pas un simple document comptable. Derrière ses chiffres, il y a des emplois, des investissements, des entreprises, des infrastructures et des engagements de l'État envers les populations.

Certes, le Parlement a le droit de contrôler, de questionner et de rejeter un texte lorsqu'il estime que les garanties nécessaires ne sont pas réunies. Mais cette responsabilité doit aussi s'accompagner d'une volonté de trouver des solutions. Le Sénégal ne peut pas transformer chaque désaccord politique en impasse institutionnelle.

LE PRIX DE NOS RIVALITÉS POURRAIT ÊTRE PAYÉ PAR LES SÉNÉGALAIS

La situation est d'autant plus préoccupante que notre pays cherche à restaurer la confiance de ses partenaires financiers. Les discussions avec le FMI, les relations avec la Banque mondiale et les autres partenaires techniques et financiers exigent de la cohérence, de la transparence et de la stabilité dans la gestion des finances publiques.

Le rejet de la LFR ne signifie pas automatiquement une suspension des financements. Mais il peut compliquer les négociations, retarder certaines décisions et renforcer les interrogations sur la trajectoire budgétaire du Sénégal.

Les conséquences éventuelles ne seront pas uniquement politiques. Elles pourraient toucher les entreprises qui attendent leurs paiements, les ménages qui espèrent des mesures de soutien, les jeunes en quête d'emploi et tous ceux dont l'activité dépend de la commande publique.

Voilà pourquoi la rivalité entre Pastef et Kiiraay ne peut plus être considérée comme une simple querelle entre formations politiques, car lorsque les ambitions et les affrontements prennent le dessus sur les urgences nationales, c'est l'ensemble du pays qui risque d'en supporter le prix.

LE PATRIOTISME, C'EST SAVOIR DÉPASSER SES INTÉRÊTS

Pensons à nos soldats. Lorsqu'une nation est menacée, ils ne commencent pas par se demander qui gouverne ou de quel parti est le président. Ils répondent à l'appel de la patrie, quittent leurs casernes et se tiennent prêts à donner leur vie pour protéger le pays.

Voilà le patriotisme : placer la nation au-dessus de soi-même.

Pourquoi cette exigence ne s'imposerait-elle pas également à nos dirigeants ? Pourquoi ne pourraient-ils pas mettre leurs rivalités de côté lorsque l'intérêt national est en jeu ? Et

Penser au Sénégal avant son parti.
Penser aux populations avant les ambitions personnelles.
Penser à l'avenir de nos enfants avant les prochaines batailles politiques.

C'est cela, la Nouvelle Responsabilité.

Amadou Ba avait lancé des avertissements sur les risques liés à cette gouvernance. Cheikh Yérim Seck avait également exprimé ses inquiétudes. Beaucoup avaient préféré les polémiques et les accusations à l'examen de leurs alertes.

Aujourd'hui, les événements invitent à prendre ces avertissements au sérieux. Comme le dit l'adage wolof : « Magu waxoon na ko, mo gën magu xamoon na ko. » Il vaut mieux écouter une mise en garde que regretter de ne pas l'avoir entendue.

L'OPPOSITION DOIT MAINTENANT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS

Face à cette situation, l'opposition ne doit ni se réjouir des difficultés du pays ni rester spectatrice des affrontements au sein du pouvoir.

Elle a l'obligation de s'unir pour l'interet supérieur de la nation. Elle doit sortir du silence, se dépasser et présenter une alternative crédible. Elle doit proposer des réponses sur la dette, les arriérés de paiement, le financement de l'économie, l'emploi et le pouvoir d'achat.

Le Sénégal a besoin d'une opposition qui prépare l'avenir, pas simplement d'une opposition qui attend son tour.

Pendant que les enfants célèbrent les Jeux olympiques de la jeunesse, nous devons nous rappeler que leur avenir ne se construira pas avec des slogans, des querelles de personnes ou des batailles de succession.

Nos enfants jouent aujourd'hui. Ils seront les adultes de demain.

Mais quel Sénégal leur préparons-nous ?

Un pays qui aura sacrifié ses perspectives de développement sur l'autel des rivalités politiques ? Un pays où les entreprises attendent indéfiniment leur argent ? Un pays où les partenaires financiers doutent de la cohérence de nos engagements ? Ou un pays capable de retrouver le chemin de la responsabilité, du dialogue et de la stabilité ?

La réponse dépend de notre capacité collective à remettre le Sénégal au centre de toutes nos décisions.

Il faut que les dirigeants comprennent une chose : les Sénégalais ne leur ont pas confié le pays pour qu'ils se disputent sa propriété.

Ils leur ont confié une responsabilité.

Et cette responsabilité ne doit jamais être sacrifiée.

Car lorsque les enfants jouent sans se soucier du lendemain, les parents ont le devoir de préparer ce lendemain. Mais lorsque ceux qui gouvernent jouent avec les responsabilités nationales, ce sont tous les parents qui finissent par pleurer.

Le Sénégal mérite mieux que cette situation.

L'heure est au sursaut patriotique. L'heure est au dépassement des clivages. L'heure est à la responsabilité.

Le pays avant les hommes.
L'intérêt général avant les ambitions personnelles. L'avenir de nos enfants avant les calculs politiques.

C'est cela, la Nouvelle Responsabilité.

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Assane Sow
La Nouvelle Responsabilité
Président de RAFETAL

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