D’après des exposés et des analyses approfondis de Samuel Shay, entrepreneur et conseiller économique principal auprès du Traité d’Abraham
La nouvelle génération de dirigeants africains, entre vision locale et responsabilité mondiale
D’après des analyses approfondies et des briefings de Samuel Shay, entrepreneur et conseiller économique principal auprès du traité des Accords d’Abraham
À travers l’Afrique, la question du leadership est devenue l’enjeu déterminant du vingt et unième siècle. Le continent possède un potentiel immense: des ressources naturelles qui rivalisent avec toutes les régions du monde, des terres fertiles, une population jeune avide d’opportunités et une géographie stratégique qui relie les marchés mondiaux. Pourtant, l’obstacle le plus persistant reste l’instabilité politique issue de modèles de gouvernance dépassés.
Dans une série d’entretiens exclusifs, Samuel Shay présente une évaluation claire et approfondie de la crise, ainsi qu’un modèle prospectif pour une nouvelle ère de leadership africain. Selon Shay, l’avenir du continent dépend de l’émergence d’une génération de dirigeants responsables, transparents et modernes, capables de remplacer le cycle des coups d’État, des régimes autocratiques et des décennies de pouvoir détenu par des élites enracinées.
Ses conclusions sont directes. Sans une transformation structurelle du caractère du leadership, le développement économique restera bloqué, l’investissement étranger restera limité et les citoyens africains continueront de souffrir de systèmes qui ne servent pas leurs intérêts.
Un continent piégé dans des cycles d’instabilité
Shay commence par souligner la fréquence stupéfiante des coups d’État sur le continent. En moyenne, entre cinq et huit coups surviennent chaque année. Certains sont initiés par des chefs militaires en désaccord avec le président élu. D’autres sont provoqués par des ministres de la défense ou des commandants de sécurité persuadés qu’ils peuvent gouverner mieux ou s’enrichir plus rapidement. Le résultat est un schéma récurrent: renversement d’un président en exercice, promesses d’élections, puis années de retard ou d’abandon du processus démocratique.
Ce cycle produit des conséquences profondes:
• la perte de confiance des citoyens dans les institutions démocratiques
• la fuite des investisseurs dans des pays politiquement imprévisibles
• l’affaiblissement des alliances régionales faute de continuité politique fiable
• l’incapacité des ministères à construire des plans de long terme en raison de changements brusques
• l’augmentation de la corruption puisque le pouvoir est perçu comme un trophée plutôt qu’une responsabilité
Shay note que ces cycles ont transformé de nombreux États africains en acteurs isolés du système mondial. Ils participent rarement aux initiatives internationales, peinent à établir des partenariats économiques et sont perçus comme des environnements à haut risque par les marchés mondiaux, ce qui les exclut des chaînes de valeur globales.
Pouvoir autocratique et paralysie économique
Une part significative de la crise, selon Shay, provient du fait que de nombreux dirigeants africains conservent le pouvoir pendant des décennies sans élections authentiques. Certains commencent leurs mandats avec des promesses de réforme puis deviennent des figures autoritaires protégées par l’armée ou les services de sécurité. Dans plusieurs pays, des dirigeants sont en poste depuis trente ou quarante ans.
Les conséquences sont visibles partout:
• infrastructures obsolètes ou inexistantes
• systèmes scolaires incapables de préparer les jeunes à l’emploi moderne
• effondrement des services de santé
• corruption institutionnalisée
• détournement de fonds publics
Shay décrit cela comme un paradoxe. Des pays riches en pétrole, gaz, minerais, terres fertiles, eau et main d’œuvre jeune restent pauvres. Riches en potentiel mais pauvres en résultats, car le leadership ne priorise pas le développement national.
Une génération montante avec de nouvelles attentes
Malgré les difficultés, l’Afrique dispose de l’un des atouts démographiques les plus puissants du monde. Dans de nombreux pays, plus de soixante pour cent de la population a moins de trente ans. Cette génération est connectée et informée. Elle observe en ligne le développement mondial. Elle voit comment les sociétés stables avancent, comment le leadership responsable fonctionne et comment l’innovation transforme les économies.
Shay souligne que cette génération refuse désormais les anciens systèmes fondés sur la peur et l’immobilisme. Ses attentes incluent:
• de vraies élections avec une réelle compétition
• la transparence dans les décisions gouvernementales
• des tribunaux indépendants au service des citoyens
• des stratégies crédibles de création d’emplois
• des services publics améliorés et des infrastructures modernes
• un leadership attentif aux besoins de la population
Pour Shay, cette génération représente la force la plus prometteuse de transformation sur le continent.
Une opportunité historique de réforme du leadership
La question centrale posée par Shay est simple: l’Afrique est elle prête à adopter un modèle de leadership aligné sur les normes mondiales et les attentes citoyennes?
Selon son analyse, la réponse est oui. Le futur du continent repose sur une transition profonde d’un leadership basé sur le pouvoir personnel vers un leadership fondé sur le service public.
Shay présente plusieurs raisons expliquant pourquoi cette transition est désormais urgente.
L’économie mondiale exige de la stabilité
Les investisseurs n’apporteront pas de capitaux à des nations sujettes aux coups d’État, aux assassinats politiques ou aux changements soudains de régime.
Les partenaires internationaux attendent de la responsabilité
Les grandes institutions de développement et les pays partenaires préfèrent travailler avec des États respectant les normes démocratiques.
Le potentiel économique de l’Afrique est immense mais sous utilisé
Pour le débloquer, le leadership doit passer d’une logique d’extraction à une stratégie fondée sur la vision et la planification à long terme.
Voies pratiques pour une nouvelle génération de dirigeants
Shay propose plusieurs orientations stratégiques pour remodeler le paysage politique africain.
Académies de leadership pour la prochaine génération
Former les jeunes leaders en économie, gouvernance, diplomatie, éthique, droit, innovation et gestion publique.
Promotion des femmes dans les postes de pouvoir
Shay souligne que les pays avec une représentation féminine plus élevée bénéficient souvent d’une stabilité accrue et de niveaux de corruption plus faibles.
Limitation des mandats présidentiels
Indispensable pour éviter la dérive autoritaire.
Renforcement des institutions d’État
Des tribunaux indépendants, une fonction publique professionnelle et des banques centrales fiables créent une stabilité durable.
Économies orientées vers l’exportation
L’emploi et l’innovation réduisent le risque de bouleversements politiques.
Engagement international responsable
Les partenariats externes peuvent aider à construire des capacités administratives et encourager une gouvernance saine.
Société civile forte et syndicats professionnels
Ils protègent les normes démocratiques et exigent des comptes du leadership.
Une culture du service plutôt que du pouvoir
Le leadership doit être perçu comme une responsabilité publique.
L’appel à une nouvelle ère du leadership africain
Selon Shay, l’Afrique se trouve à un carrefour historique. Elle peut rester piégée dans des cycles d’instabilité ou adopter une nouvelle génération de dirigeants qui apporteront responsabilité, transparence et vision. Le développement économique, la technologie et la coopération régionale en dépendent.
« L’Afrique peut devenir l’une des régions économiques les plus importantes du monde » affirme Shay. « Mais sans un leadership stable, éthique et visionnaire, le continent continuera de faire face à des crises qui l’empêchent d’atteindre son véritable potentiel. »
La jeunesse est prête au changement. La société civile l’exige. Les partenaires internationaux sont disposés à l’accompagner.
Le moment est venu pour l’Afrique de redéfinir ce que signifie le leadership et qui mérite d’exercer le pouvoir.
Samuel Shay, developer and economic advisor for the Abraham Accord treaty.
Tel/watsApp +972-54-2044177
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Kaw Oumar Sarr