Cinq années ont glissé sur le sablier du temps, mais la mémoire, rebelle à l'oubli et fidèle aux grandes âmes, ravive aujourd'hui l'éclat de ton passage parmi nous.

post En ce 28 août, le silence de notre recueillement se fait majestueux pour saluer la dimension d'Alioune Badara Cissé. Le deuil douloureux des premiers jours s'est mué en un héritage impérissable, celui d'un esprit libre dont la stature morale continue de surplomber notre époque en quête de repères.
Dans l'arène des prétoires, tu fus l'incontesté maître du verbe. Sous la toge noire, ton éloquence n'était pas un simple exercice d'esthète, mais un glaive de lumière pourfendant les ténèbres de l'injustice. Tu savais draper la vérité des mots les plus poignants, plaidant la cause des sans-voix et des opprimés avec cette force de conviction qui ébranlait les certitudes et bousculait l'indifférence. Ta rhétorique était une poésie combative, une symphonie où le lyrisme le disputait à l'implacable rigueur du droit pour redonner à l'humain toute sa dignité.
Cette même intransigeance, tu l'as portée au sommet de l'État. Homme de conviction et vigie républicaine, tu as incarné avec superbe la rigueur de l'homme d'État. Tu as rappelé, par tes silences d'airain comme par tes fulgurances courageuses, que la politique doit demeurer une éthique du devoir. Tu as marché sur le chemin de la vérité avec la rectitude des justes, refusant les compromissions, les silences complices et les vanités éphémères du pouvoir, pour ne servir que l'intérêt supérieur de la nation.
Pourtant, c'est dans l'effacement de ton âme que résidait ta plus grande majesté. Derrière le flamboyant avocat et le redoutable homme public palpitait le cœur du fervent disciple mouride. Aux sources cristallines des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, tu as puisé une humilité désarmante. Ta foi n'était pas un étendard, mais une boussole intime et silencieuse. Ton attachement viscéral à Touba et ton dévouement sincère faisaient de toi un homme fondamentalement détaché des gloires profanes, conscient que notre marche terrestre n'est qu'un pèlerinage vers l'Essentiel.
Cinq ans après ton départ, ton empreinte demeure indélébile sur la terre du Sénégal. Repose en paix, Maître, frère de lutte, et inlassable pèlerin de la justice.

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ue la grâce divine t'accueille et que l'infinie miséricorde enveloppe ton éternité.
Talla SYLLA

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