La société est prête pour le changement. Et portant la situation politique dans son ensemble semble se résumer aux querelles des appareils politiques du pouvoir et de l’opposition ;

post querelles qui empoisonnent l’atmosphère et distrait l’opinion des questions centrales posées par les mutations en cours.
Le moment politique est essentiellement marqué par les mutations chienlit. Des émeutes perlées agitent le respire social et attisent des radicalisations dans tous les camps.
Or, si changement il doit y avoir, il est insensé de confondre ce dernier avec les discours plutôt conformistes et répétitifs , quant au fond, de la classe politique et ses relais qui soliloquent et prétendent représenter la société entière.
En effet, comment peut-on exclure ou marginaliser les nouvelles forces sociales, les jeunes scolarisés, diplômés de l’enseignement supérieur, les sortants des écoles de formation, les syndicalistes autonomistes licenciés, les cadres marginalisés, les professions libérales menacées, ou les nouvelles élites commerçantes et industrielles, etc., c’est à dire les forces les plus vives du changement social et des mutations, sous le prétexte qu’elles posent trop de problèmes sensibles ou qu’elles sont porteuses de questionnements dérangeants ?
Mais, à considérer même que les interrogations des milieux critiques ( intellectuels, jeunes des villes et banlieues, femmes porteuses de projets, syndicalistes, acteurs du hip-hop, etc) choquent l’humeur d’une certaine phalange politique habituée à la docilité des masses et au mutisme complet des élites, la question est de savoir si la rupture avec l’ancien est possible sans la contestation ouverte et publique des pratiques surannées ? Sans la contestation des idées reçues et des habitudes les mieux ancrées dans nos pratiques quotidiennes. Pratiques qui étouffent la société, brisent les élans les plus fougueux et les plus prometteurs, neutralisent la performance et disqualifient le mérite et l’honneur?
En un mot, la caractéristique centrale du moment démocratique en cours, c’est à dire la contestation, demeure aussi indispensable au changement et aux mutations actuelles que l’air aux poumons, que les libertés d’association, de presse et de manifestation à la démocratie politique.
Partant, la société nouvelle qui se prépare ne sera pas une synthèse du vieux système de la bureaucratie d’Etat agioteuse des richesses publiques et des oppositions bruyantes et velléitaires, mais le produit de l’irruption des nouvelles forces citoyennes sur la scène oú se noue la destinée politique de la nation.
Forces nouvelles porteuses du discours critique, démystifiant et décapant, seul en mesure de faire vaciller les fausses autorités et, de remplir le vide des cœurs et des âmes occasionné par la crise de décomposition de la démocratie des partis du début de l’indépendance.

Cheikh Ngom Madiodio
Analyste Politique

post

Place aux forces sociales pour la Réformation Citoyenne, tel est le principal slogan de l’action politique et sociale de l’époque des mutations.

Le partage de l'info