Ce mardi 13 janvier 2026, une nouvelle étape vient d’être franchie dans le débat autour de la préservation du patrimoine culturel à Thiès.
Serigne Gaye Ndiéguène, chef religieux de la famille Ndiéguène, a officiellement déposé une plainte auprès du procureur contre le maire de la ville, Babacar Diop, concernant la réhabilitation controversée de la fresque de Papa Ibra Tall. C’est une question de principe et de respect de l’art et de la mémoire collective qui a motivé cette démarche. Selon Serigne Gaye Ndiéguène, l’intervention réalisée ne constitue pas une restauration, mais une altération irréversible d’un bien appartenant à la communauté. Il insiste sur le fait que la conservation du patrimoine doit respecter des principes fondamentaux : « Le respect de l'authenticité, la conservation de la matière originale, la restauration minimale, réversible et scientifiquement documentée. » Loin d’être une simple œuvre d’art, cette fresque symbolise l’histoire de Thiès et doit être préservée dans son état d’origine. Le chef religieux rappelle que le patrimoine ne doit pas être considéré comme un support de communication politique ou un terrain de jeu pour des effets esthétiques éphémères. « Le patrimoine appartient à l’histoire, à la mémoire collective et aux générations futures », souligne-t-il. Serigne Gaye Ndiéguène déplore également la gestion de l’espace public par le maire, qui aurait placé son image et celle de ses partisans dans des panneaux publicitaires envahissant la ville, au lieu d’investir dans des projets structurants comme la voirie ou l’éducation. Il critique également l’utilisation de fonds publics pour des dépenses de prestige, notamment l'affichage de ces photos lors des fêtes de fin d’année, au détriment de priorités essentielles pour la ville. Ce déplacement devant la justice intervient dans un contexte où la communauté thiessoise attend des responsables une gestion responsable et respectueuse de leur patrimoine. Serigne Gaye Ndiéguène affirme sa confiance dans la justice du pays pour faire la lumière sur cette affaire. Il termine en appelant à une prise de conscience collective : « Le passé de Thiès doit être respecté, car il nous permet d’écrire notre avenir. J’espère que cette démarche sensibilisera tous ceux qui ont à cœur le destin de notre ville. »
Une fois de plus, cette affaire met en lumière la nécessité de préserver notre patrimoine culturel face à des initiatives qui peuvent le compromettre.
La décision de la justice sera sans doute déterminante pour l’avenir de la fresque de Papa Ibra Tall et, plus largement, pour la sauvegarde du patrimoine à Thiès.
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Kaw Oumar Sarr