CANAF54 MAGAZINE : EDITORIAL DE MARDI 16 SEPTEMBRE 2025 Par : René Rotsh-Kitoko Journaliste.
Depuis 2024, un nouvel horizon politique pour le Sénégal s’est ouvert avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence du Sénégal, avec Ousmane Sonko comme Premier ministre. Il marque une rupture nette avec l’ère Macky Sall. Ce tandem, porté par la coalition Diomaye Président et le projet de souveraineté prôné depuis des années par Sonko, incarne l’espoir d’une transformation profonde du régime politique sénégalais. Mais en quoi leur gouvernance pourrait-elle réellement se différencier de celle de Macky Sall?
“Du pouvoir vertical à la gouvernance participative : le pari Diomaye–Sonko”
Sous Macky Sall, le Sénégal a connu une décennie de stabilité institutionnelle et de développement d’infrastructures, mais aussi un durcissement politique. Son régime a souvent été critiqué pour la restriction des libertés, les arrestations d’opposants, et un système jugé verrouillé au profit d’une élite politique et économique. À la fin de son mandat, la défiance d’une partie de la jeunesse était devenue le symbole d’un divorce entre gouvernants et gouvernés.
Avec Sonko et Diomaye Faye, c’est un autre souffle qui est annoncé. Leur discours repose sur trois axes : la restauration de l’État de droit, la refondation des institutions et la souveraineté économique. D’abord, la promesse de garantir une justice indépendante et de rompre avec les pratiques d’instrumentalisation des tribunaux traduit une volonté de réhabiliter la confiance citoyenne. Ensuite, la perspective d’une réforme institutionnelle, où le pouvoir présidentiel serait limité et mieux équilibré, rompt avec la tradition hyper-présidentialiste qui a dominé jusqu’ici. Enfin, sur le plan économique, l’ambition affichée est de réduire la dépendance extérieure, de mieux gérer les ressources naturelles et de renforcer l’intégration africaine.
La différence la plus frappante avec Macky Sall réside donc moins dans la personnalité des hommes que dans la philosophie politique : passer d’un pouvoir concentré et parfois répressif à un modèle qui se veut plus inclusif, participatif et souverainiste. Reste à savoir si cette ambition saura résister à l’épreuve du réel, face aux contraintes budgétaires, diplomatiques et sociales qui pèsent sur tout chef d’État sénégalais.
Le Sénégal s’ouvre ainsi sur une nouvelle page de son histoire. Si Macky Sall restera celui des grandes infrastructures, Sonko et Diomaye Faye seront jugés sur leur capacité à bâtir un régime de confiance et de justice. Une promesse exaltante, mais aussi un défi colossal.
Un tournant politique pour le Sénégal
L’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence, aux côtés d’Ousmane Sonko à la primature, marque une étape charnière pour le Sénégal. Cette alternance ne se limite pas à un simple changement d’hommes : elle porte en elle la promesse d’un style de gouvernance différent de celui de Macky Sall.
L’ancien président laissera l’image d’un bâtisseur, attaché aux grandes infrastructures et à la modernisation des équipements du pays. Mais ses deux mandats auront aussi été marqués par un pouvoir présidentiel jugé excessivement concentré et par des tensions avec une partie de l’opposition et de la société civile.
Le duo Diomaye–Sonko entend rompre avec cette logique. Leur projet s’articule autour de trois priorités : restaurer l’État de droit, renforcer la souveraineté nationale et rapprocher les institutions des citoyens. L’accent mis sur l’indépendance de la justice et la transparence de l’action publique répond à une attente forte d’une jeunesse qui aspire à plus de confiance envers ses dirigeants.
Sur le plan économique, l’ambition affichée est claire : mieux valoriser les ressources naturelles, développer une production nationale créatrice d’emplois et réduire la dépendance vis-à-vis des partenaires étrangers. Ce cap souverainiste, loin d’être un repli, s’inscrit dans une volonté de redonner au Sénégal une plus grande maîtrise de son destin.
La différence avec Macky Sall se situe donc autant dans la méthode que dans la vision : là où son régime a incarné un pouvoir vertical, centré sur la figure présidentielle, le nouveau tandem veut promouvoir une gouvernance plus participative, tournée vers l’écoute et la proximité.
Certes, les défis restent immenses : répondre à l’impatience sociale, gérer les contraintes économiques et maintenir les équilibres diplomatiques. Mais l’élan populaire qui a porté cette alternance constitue une base solide pour engager les réformes promises.
En somme, Macky Sall a marqué le Sénégal par ses réalisations matérielles. Diomaye Faye et Ousmane Sonko seront jugés sur leur capacité à construire un régime plus juste, plus inclusif et plus fidèle aux aspirations démocratiques du pays. Une promesse qui, pour l’heure, continue de nourrir l’espérance.
Avec notre engagement panafricain, nous encourageons le peuple de la Téranga de tenir le cap autour de : Jub-Jubant-Jubanti, afin que le combat de PASTEF gagne le pari d’un Sénégal digne et prospère pour l’intérêt de l’Afrique entière.
La rédaction
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