« Ce virus me rend service dé car je mange bien à Ndakaru »

post L’annonce journalière de la situation sur le Coronavirus, ponctuée de décès fit réfléchir l’homme de Dodji. Ngagne réquisitionna le poste transistor qu’il collait aux oreilles. Et gare à tout enfant de la maison qui l’empêcherait d’écouter les infos. « Chuuut, silace waay, damay déglou Corona » (Silence, j’écoute Corona…). Depuis lors, rien ne lui échappé sur les cas contacts, contaminés ou les pertes de vie.

Le cousin Leyti vint lui demander s’il désirait toujours aller chez Tické. « Comment y aller si elle n’est pas là ? D’ailleurs, la radio a dit : rester sè wou, wayé je reste sè toi (restez chez vous mais je reste chez toi). Cependant, Ngagne averti son cousin sur un fait très important à ses yeux. « Leyti, avec cette maladie, on ne sort plus de peur de rencontrer les take-dèr (forces de l’ordre). Donc, fais tout pour que thiéb-bi bari car je n’en avais pas les moyens au village ».

Souriant et connaissant l’amour que porte Ngagne au riz aux poissons, Leyti oulut sortir. « Estop (stop), pour le soir, faut pas vous fatiguer, juste un poulet, un peu de viande, beaucoup de frites, de fondé (bouillie de mil), quatre beignets, une bouteille de liminade (limonde) Gazelle, du thé pour digérer, le temps de prendre mon sombi avant d’aller au lit », lui dit-il avant de se rallonger dans le canapé, son éternel gros cure-dent dans la bouche, les yeux rivés au plafond comme pour signifier que le débat est clos « Waw Ngagne, peux-tu manger tout cela ? », le taquina Leyti. Se levant sur son séants, il le foudroya des yeux « alors, dis que tu n’as rien… ». Cette fois-ci, le débat était vraiment clos car Leyti ne voulait pas fâcher son hôte de parent. « Ce virus me rend service dé car je mange bien me à Ndakaru »

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« Ce virus me rend service dé car je mange bien à Ndakaru »

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