« Bof, tant pis ; s’ils ne veulent pas me recevoir, Dieu Lui le veut bien et de fort belle manière, bilay ».

post Ngagne, alias « Doctor Corona-wiris », est tout heureux de ramasser de beaux billets de banque tout neufs. D’ailleurs, il semble mettre une croix sur ses parents qui résident dans la capitale. Et dire qu’à son arrivée, il a fait des pieds et des mains pour les rencontrer ! « Bof, tant pis ; s’ils ne veulent pas me recevoir, Dieu Lui le veut bien et de fort belle manière, bilay ».

Toujours est-il que ses clients ne cessaient de se bousculer devant la maison. Alors Ngagne eut une idée qu’il partagea avec Leyti. « Tu ne crois pas que je devrai ouvrir un cabinet de consultations ? ». Surpris, son cousin qui n’en pouvait plus de le supporter lui demanda : « Fan (où ?) ». Ngagne ne se fit pas prier pour lui lancer : « fii, je vais utiliser ton garage ». « Mouk (niet) », tonna ce dernier qui se tint la tête. Ngagne le laissa dans le salon et alla nettoyer le garage pour y transférer ses gris-gris, herbes, cornes, peaux d’animaux sauvages et tout ce qui pouvait effrayer un naïf.

Il transforma littéralement cette place jadis réservée au véhicule de Leyti qui avait baissé les larmes devant ce parent têtu comme une mule. Ainsi, les clients pouvaient s’asseoir dans un coin aménagé en salle d’attente. Au mur, il avait accroché la photo de son guide religieux qui, disait Ngagne, le protégeait des mauvaises langues et des jaloux. Jusqu’au jour où il reçut la visite des enquêteurs du ministère de la santé qui lui demandèrent : « Ana Ngagne ? ». Tremblotant comme une feuille, il parvint à répondre avec de grands gestes : « Ngagne parti villass (il est retourné au village) ».

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« Bof, tant pis ; s’ils ne veulent pas me recevoir, Dieu Lui le veut bien et de fort belle manière, bilay ».

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