Un point de départ opérationnel : Sortir de l’isolement

post Le MSGBC désigne un bassin sédimentaire commun, une réalité géologique
naturelle partagée, née d’une initiative réunissant les compagnies pétrolières
nationales de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau et de
la Guinée Conakry.
Sa création répondait à une réalité concrète et largement partagée par les
compagnies pétrolières nationales de la sous-région. Lors des grandes
conférences internationales, ces dernières étaient toujours confinées dans des îlots
isolés dits pavillons internationaux, faiblement visibles, sans capacité
d’attraction ni poids collectif, face aux grands acteurs internationaux.
Cette situation nuisait gravement à leur visibilité institutionnelle, à leur capacité à
promouvoir efficacement leurs blocs pétroliers et gaziers et donc à leur attractivité.
Face à ce constat, une dynamique informelle mais pragmatique s’est
progressivement imposée aux responsables des compagnies nationales
pétrolières : Disposer d’un cadre unitaire de réflexions et d’actions pour une
coopération forte aux retombées partagées.
La recherche de synergies comme moteur initial
Les compagnies concernées ont alors cherché à mutualiser leur présence dans
grandes rencontres à travers un stand commun de plus grande envergure et
ainsi renforcer les synergies régionales. Elles ont alors créé des espaces
d’échanges directs sur des sujets sensibles, notamment les contrats pétroliers
mais aussi partagé des données techniques stratégiques, en particulier, des
sismiques à l’échelle du bassin commun.
Cette logique de coopération fonctionnelle a permis de dépasser, ponctuellement,
les cloisonnements nationaux. C’est ainsi que des résultats concrets à l’échelle
technique et promotionnelle ont pu être obtenus.
Cette dynamique a débouché sur plusieurs initiatives structurantes notamment :
l’organisation de campagnes sismiques spéculatives offshores à l’échelle régionale,
de Nouadhibou à Conakry, en partenariat avec des sociétés de services
internationales.
Par la suite des roadshows de promotion de ces données régionales ont été
conduites dans des places stratégiques comme Houston et Londres.
De nombreuses réunions entre les différentes sociétés nationales se sont tenues
alternativement dans les dans les capitales de la sous-région, favorisant
l’alignement des discours et la promotion coordonnée des opportunités. Ces actions
ont indéniablement amélioré la visibilité collective du bassin MSGBC et renforcé
l’attractivité régionale auprès des compagnies pétrolières internationales.
Cependant, ces avancées ont été portées par des convenances informelles, sans
traduction institutionnelle durable. Elles sont atténuées par l’absence
d’une structure permanente chargée, entre autres, d’en capitaliser les acquis,
sécuriser les échanges de données, d’encadrer juridiquement la coopération et
d’assurer la continuité stratégique.
Le risque est désormais clair : l’essoufflement d’une dynamique qui atteindra ses
limites naturelles irrémédiablement.
L’heure du changement d’échelle a sonné: Institutionnaliser
Aujourd’hui, le contexte a profondément évolué même si la réalité demeure. Les
découvertes majeures, l’entrée en production de certains projets et la montée des
enjeux géopolitiques rendent indispensable un changement de paradigme.
Il est désormais temps de passer d’une coopération événementielle à une
coopération institutionnelle afin de transformer une logique de visibilité partagée
en architecture régionale de gouvernance en dotant le MSGBC d’un cadre
formel, pérenne et légitime.
Il urge ainsi d’Institutionnaliser le MSGBC pour le consolider et le projeter dans des
horizons plus ambitieux.
Cette institutionnalisation pourrait reposer sur :
• un accord intergouvernemental clair ;
• un secrétariat permanent ;
• des règles encadrant le partage des données sensibles ;
• une stratégie régionale de promotion et de développement ;
• des mécanismes de coordination entre compagnies nationales ;
• etc.
Sans cette évolution, le MSGBC restera un outil certes utile mais transitoire,
adapté à une phase de lancement, mais inadapté aux enjeux actuels et futurs.
Conclusion
Le MSGBC n’est pas né d’une illusion, mais plutôt d’un besoin réel de visibilité et
de synergie. Ce besoin est en train d’être partiellement satisfait. Désormais sa
crédibilité et son efficacité exigent une nouvelle étape : l’institutionnalisation.
Tel qu’il existe aujourd’hui, il n’est ni une organisation régionale, ni un cadre de
gouvernance. C’est un événement privé certes important pour la promotion du
bassin régional et qui est ancré dans l’agenda international de l’industrie pétrolière,
mais qui mobilise un lexique géopolitique sans en assumer les responsabilités.
En définitive, il urge que le MSGBC cesse d’être un simple cadre de rencontres,
d’échanges et d’idées pour devenir une véritable institution d’intégration sous –
régionale.
« Passer de l’évènementiel à l’outil d’intégration n’est plus une option, mais
une nécessité stratégique ».

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Mor Ndiaye Mbaye
DG IOGS
Ex. Secrétaire Technique du CNSCL
Ancien DC de Ministres en charge du Pétrole
Mor.mbaye@iogs.sn

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