Thiès, 10 octobre 2026, le Collège des aviculteurs du Sénégal a tenu ce samedi une importante réunion à Thiès, classée comme la capitale de l’aviculture dans le pays, pour exprimer ses préoccupations face à l’arrivée potentielle d’investisseurs étrangers, notamment chinois,
dans le secteur avicole sénégalais. Lors d’une conférence de presse, les représentants de l’interprofession avicole ont dénoncé la menace que cette implantation pourrait faire peser sur l’industrie locale, qui a permis au Sénégal d’atteindre l’autosuffisance en volaille depuis plus de deux décennies. Dr Mamadou Ba, porte-parole du jour, a lu un mémorandum dans lequel il souligne que l’attribution d’autorisations à des entreprises étrangères pourrait compromettre la stabilité du secteur. « Si l’on donne des autorisations à des Chinois qui viennent inonder le marché avec des produits inconnus et potentiellement dangereux, cela risque de tuer notre industrie locale, qui a créé plus de 60 000 emplois et fait du Sénégal un modèle en Afrique », a-t-il déclaré. Les aviculteurs craignent également pour la sécurité sanitaire et la pérennité des emplois. Fallou Samb, un autre représentant, a insisté sur le fait que ces investissements étrangers pourraient importer des travailleurs étrangers, tels que des Burkinabés ou des Sierra-Léonais, ce qui aggrave la situation du chômage déjà élevé dans le pays. « Une seule unité de production peut produire un million de sujets en moins de trois mois, sans que nous sachions quels produits sont utilisés. La santé publique est donc en danger », a-t-il averti. Les responsables de l’interprofession ont annoncé leur intention de se mobiliser pacifiquement pour demander au président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et à son gouvernement de prendre en compte ces préoccupations. Ils souhaitent préserver la souveraineté de l’industrie avicole sénégalaise, ses emplois et ses acquis, en limitant l’accès aux investissements étrangers dans ce secteur stratégique. Ce mouvement témoigne de la volonté des acteurs locaux de défendre leur marché contre une concurrence perçue comme déloyale et de préserver l’autonomie alimentaire du Sénégal face à une mondialisation qui menace la filière avicole nationale.
Ils souhaitent préserver la souveraineté de l’industrie avicole sénégalaise, ses emplois et ses acquis, en limitant l’accès aux investissements étrangers dans ce secteur stratégique.
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Kaw Oumar Sarr