Pour comprendre et évaluer le déroulement des processus révolutionnaires en Afrique (Sénégal, Mali, Burkinabé Fasso, Niger…), il est impératif de saisir la place qu’occupe le colonialisme, puis le néocolonialisme dans l’histoire du continent…
On a souvent tendance, et à tort, à considérer l’Afrique comme un écosystème hors du monde, sur lequel les révolutionnaires n’auront aucune influence. Pourtant, les insurrections paysannes du Nigéria, l’extension de la guerre civile dans les ex-colonies portugaises, les émeutes urbaines et mouvements paysans au Sénégal et dans la sous-région s’inscrivent dans le sillage de la crise de la domination impérialiste française.
La pénétration française en Afrique débute en 1870, lorsque THIERS remplace NAPOLEON III et écrase la Commune de Paris qui était déjà un État Ouvrier. La sainte alliance des officiers véreux, industriels, marchands et affairistes envoient ses soldats-laboureurs coloniser notre continent. Ces pious-pious s’acquittent consciencieusement de leur tâche ( piller, assassiner), leur mission civilisatrice et détruisent la puissance politique de nos États en maturation.
Les crises successives du système cantonal depuis Abdou Diouf, à travers des ajustements dictés par les charlatans de Bretton Woods et de Chicago, a plongé la société nationale dans une voie de pauvreté galopante et l’Etat dans une servilité chronique.
C’est dans ce contexte que les émeutes de 2021 à nos jours ont lieu, dans l’amorce embryonnaire d’une révolution nationale et patriotique pour en finir avec le joug paralysant des maîtres occidentaux.
Éreintées par des alternances politiques qui reproduisent les mêmes pratiques, le même système de prédation sous la baguette des chancelleries impériales, les populations ont inventé leur propre voie de dégagement. Une voie inédite oú le mouvement culturel urbain (hip hop, influenceurs, lanceurs d’alertes, artistes) se substitue au mouvement ouvrier - paysan omnibulé par la prégnance des revendications matérielles sans liant avec les batailles politiques.
Aujourd’hui, sous les yeux du monde entier braqués sur l’expérience du Sénégal, la lutte sociale révolutionnaire des travailleurs se pose et se déroule sur le terrain des défis de libération nationale vis à vis de toutes les pesanteurs impériales.
Aussi, la jonction avec les mouvements syndicaux sera-t-elle décisoire quant à l’issue des processus en cours. Se fera-t-elle dans le camps du compromis pragmatique avec la Coalition de Diomaye qui préside en ne présidant pas, ou dans celui du souverainisme compulsif, avec le PACTE de Sonko, détenteur de la légitimité politique.
That is the question
CHEIKH NGOM MADIODIO
JOURNALISTE POLITOLOGUE
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Kaw Oumar Sarr