En ce contexte de pandémie où la psychose a fini par habiter et gagner la conscience globale, la pénurie d'eau qui, depuis plus de deux ans, sévit dans la commune de Notto Jobass, se révèle davantage préoccupante, alarmante, à la limite chaotique.

post Ce qui augure de plus en plus une situation d’insécurité sociale grandissante et inquiétante quand on sait que la population est devenue extrêmement vulnérable, donc exposée à toute sorte de périls. Fort de ce constat et sous la bannière de la Plateforme Citoyenne « Les sentinelles du Jobass », nous voudrions de nouveau attirer l’attention des autorités pour leur signifier qu’à l’heure où sont écrites ces lignes, le Jobass voit son calvaire s'accroître au regard de ce mal qui ne cesse d'empirer au fil des années.

Nous voudrions également dire que cet état de fait s’inscrit en porte à faux avec les mesures de l'heure, édictées par les spécialistes de santé, comme le lavage fréquent des mains et les gestes barrières à adapter en matière de prévention ; ce qui entraine ipso facto des scènes d'affluence, conduisant à des rassemblements, tous azimuts au bord de puits déjà taris dans la zone et à tout bout de champ. Et dire que cette même zone regorge bien des potentialités en eau, grâce à l’implantation dans le Pahmi de 10 forages, dans le cadre du projet PEAMU (Projet Eau et Assainissement en Milieu Urbain), en plein cœur de la commune en question, soit entre Diass Palam et Palam Thioyane, avec un débit estimé à environ 30 m3 d’eau /jour.

Cette eau est paradoxalement destinée à desservir des localités comme Dakar et une partie de la petite côte pendant que la localité du Jobass d’où elle est extraite se meurt de soif avec la quasi-totalité des villages foncièrement affectés. Il s’agit là d’une injustice manifeste et inqualifiable qu’il urge de réparer. Voilà pourquoi nous fondons notre combat dans le sens de rétablir une telle iniquité par le fait de brancher tous les villages de la commune à partir des forages du PEAMU (Projet Eau et Assainissement en Milieu Urbain). Par ailleurs, les quelques forages locaux qui jusqu’ici assuraient, et qui ont vu leur nappe de plus en plus baissée puisque fortement sollicitée par celle des forages de grande envergure du PEAMU, sont simplement achevés par la société Aquatech en raison d’une gestion scandaleuse qui a pour seul socle une incompétence notoire et un manque de respect manifeste à l’endroit de la population qu’elle était censée servir.

Nous nous en sommes ouverts au Directeur de l'Ofor lors de notre dernier entrevue du jeudi 12 mars 2019 dans leurs locaux à Dakar, l’État du Sénégal en est amplement informé et dispose de tous les éléments lui permettant d'apprécier la situation et par conséquent de résilier le contrat de Aquatech au regard des défaillances énormes qui entachent les engagements de cette société vis-à-vis des populations. Si cette rigueur n’est pas appliquée, nous imposerons le bras de fer et nous nous heurterons à cette société jusqu’à ce qu’elle se retire complètement de la gestion de notre eau. La situation de pénurie d’eau au Jobass est devenue invivable. Voilà pourquoi, depuis un an, sous la bannière de la Plateforme Citoyenne « Les Sentinelles du Jobass », nous nous sommes battus sur tous les fronts pour éradiquer ce fléau.

Nous avons fait de sempiternelles sorties dans la presse, écrit plusieurs fois au Président de la République par mémorandum, manifesté notre indignation de par une grande marche de protestation largement relayée par la presse nationale, rencontré les responsables de l'Ofor sous la férule du Directeur général en dépit de tout, force est de constater que, la situation ne cesse d'évoluer dans le sens de rendre plus accrue la souffrance des populations, ce qui pose crescendo un lot d’inquiétudes car ces dernières sont plus qu’exposées en ce contexte surtout de pandémie. À cet effet, le Jobass pourrait donc être considéré comme une bombe à retardement si les choses restent intactes, il faut que les autorités en charge de la question dont le Ministre de l’eau et le Directeur général de l'Ofor fassent quelque chose dans le sens d’arrêter cette souffrance affiliée à une injustice qui n’a que trop duré.

Au Jobass, le quotidien des populations est cloué à des corvées d’eau de façon infernale, les populations sont extrêmement fatiguées. Les femmes que sont nos mamans, épouses et sœurs sont sevrées de tout repos par le fait de rallier à tout moment des puits qui sont presqu'à sec où elles se rassemblent en de fortes concentrations, soit par plusieurs dizaines chaque jour, chaque heure et quelques fois même jusque tard dans la nuit, à risques et périls. Sous un autre angle, des charrettes remplies de bidons font quotidiennement le tour de la contrée pour glaner ça et là quelques litres de ce liquide devenu si rare donc extrêmement précieux.

Au regard de la situation de crise sanitaire que rend assez complexe la question de pénurie d'eau dans les zones ainsi affectées et considérant les mesures d’urgence mises en œuvre par M. le Président de la République en raison du contexte, allouant une enveloppe assez importante à l’hydraulique rurale pour dépanner le maximum de forages dans les zones en question à y multiplier les réseaux d'adduction en eau et à améliorer la qualité du service, nous soumettons encore pour ces circonstances au ministère de l’eau et de l'assainissement et à la direction de l'Ofor dont les équipes techniques maîtrisent bien la zone du Jobass, le cas de cette localité et leur prions vivement de prendre en compte dans le cadre de ce programme spécifique, la situation difficile que traversent ces populations depuis plus de deux ans.

Ces dernières ont pendant longtemps traîné leur mal, longtemps souffert, leur bien être foncièrement précarisé et leur dignité sous le point d’être atteinte. Il est donc temps de venir à leur rescousse à fortiori en ce temps de pandémie où aucune des recommandations en termes de mesures de prévention ne peuvent être appliquées à cause de cette pénurie devenue plus que chronique.

Qu'Allah vienne en rescousse à ce monde secoué par un virus !

Qu’il bénisse le Sénégal et lui serve de bouclier !

Qu’il immunise ce Jobass si vulnérable !

Amen !

Djiby FAYE, Co-coordonnateur et Responsable de la Cellule de communication de la Plateforme Citoyenne « Les Sentinelles du Jobass ».

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