Face au règne de la loi, deux entités se disputent le trône .
Il y’a les citoyens, il y’a le gouvernement. L’histoire de l’humanité nous enseigne que pour la première entité, les citoyens, le législateur trouve toujours la solution. Pour le gouvernement, la question semble insoluble. Les soubresauts survenus au lendemain de la victoire du peuple le 24 Mars dernier, participent de cette maladie des gouvernants : la pulsion aristocratique qui gangrène les organes de la République. Les troubles que connaît notre pays aujourd’hui ne sont que le produit combiné des ultimes convulsions du mackysme expirant et la lutte d’un gouvernement infidèle contre la légitimité. On peut admettre que les maux de la société ne viennent jamais du peuple, mais toujours du gouvernement. Il ne saurait en être autrement.
Dans son discours à l’Assemblée Nationale le 10 Mai 1793, Robespierre, le père de la Révolution française clamait : " Pour être bon, le peuple n’a besoin que de se préférer lui même à ce qui n’est pas lui; pour être bon, il faut que le magistrat s’immole lui-même au peuple."
Là est la question fondamentale. Au Sénégal nous n’avons pas encore "des magistrats qui s’immolent eux-mêmes au peuple ", pour être bons et justes…
Le premier acte du Président Diomaye a été de convoquer les acteurs de la justice pour faire l’état des lieux. L’objectif est de dépoussiérer un compartiment de l’Etat qui suscite le doute dans la conscience collective. Le gouvernement issu de la révolution du 24 Mars est le gouvernement du peuple : le couper de cette institution est une faute grave qui peut se payer trés cher . L’ambition , la force, la perfidie ne doivent pas être les législateurs de la société. Mais on ne peut pas, non plus, dresser le temple de la liberté avec des bras fébriles et flétris des chaînes du fanatisme.
À dire vrai, ce gouvernement du peuple, n’a pas encore tout fait pour le mieux-être des sénégalais. La rupture est un vain fantôme quand ses censeurs sont libres de mouvement et, quand les denrées nécessaires sont inaccessibles au plus grand nombre des citoyens.
L’heure a sonné, depuis deux années, de sacrifier les principes politiques au salut des sénégalais qui en sont la suprême loi.
Le Premier ministre a martelé cette conviction en affirmant, lors de son passage du 28 Novembre devant les Députés : la raison d’Etat, c’est le respect du contrat qui nous lie au peuple du Sénégal.
Dés cet instant une cohabitation intuti pares, dans le même champ politique, s’installe.
La cause est entendue.
Le PASTEF, dans le dispositif de rupture, se situe dans l’opposition politique et peut gouverner, enfin, avec la bienveillance tactique du Président de la République.
CHEIKH NGOM
MADIODIO ANALYSTE POLITIQUE
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Kaw Oumar Sarr