La Résidence Lat Dior (Thiès), a abrité, ce 3 septembre 2025, une conférence de presse marquant le lancement officiel
de la stratégie concertée de plaidoyer pour l’agroécologie en Afrique de l’Ouest, assortie de la présentation d’un rapport d’enquête sur l’influence politique de l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA). L’événement a réuni experts, consultants et acteurs du secteur agricole, dans un cadre d’échanges riche et engagé. Après la présentation du rapport, un panel a été animé par des consultants dont M. Sabaly, représentant du ministère de l’Agriculture et de l'élevage. Dans son intervention, il a rappelé les efforts consentis par le gouvernement sénégalais ces deux dernières années, notamment avec une enveloppe financière conséquente allouée aux politiques publiques en faveur de l’autosuffisance alimentaire pour certaines céréales de première nécessité.
Les débats ont aussi porté sur les OGM, dénoncés par un paneliste venu du Bénin. Celui-ci a mis en garde contre leurs conséquences, plaidant pour une biosécurité renforcée et la mise en place de systèmes agroécologiques durables. « L’État béninois consacre encore 26 milliards de FCFA aux engrais chimiques, ce qui est préoccupant », a-t-il regretté, avant de saluer le soutien de partenaires comme la GIZ dans la promotion de l’agroécologie. Cependant, il a tenu à souligner les défis persistants : « Tant que nous n’aurons pas un système semencier traditionnel reconnu par l’État, nous aurons des difficultés dans la production céréalière », a-t-il averti, appelant également à revoir la formulation des engrais chimiques afin de réduire leur impact et à renforcer l’usage de fertilisants organiques. Au-delà des aspects techniques, les intervenants ont insisté sur la nécessité de revaloriser le rôle du paysan, en lui offrant des moyens adaptés, des technologies innovantes et même un accompagnement social, pour faire de lui un acteur central du développement durable. La conférence a également ouvert la réflexion sur des questions cruciales pour l’avenir :
« Si nous continuons à utiliser massivement les engrais chimiques et que nos terres s’appauvrissent, que fera l’Afrique demain ? » s’est interrogé le bénninois avant de rappeler que le Sénégal s’est engagé dans plusieurs projets, dont « Agroécologie Sénégal 2050 », pour accompagner la transition écologique.
« Si nous continuons à utiliser massivement les engrais chimiques et que nos terres s’appauvrissent, que fera l’Afrique demain ? »
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Kaw Oumar Sarr