Leur président national calme le jeu

Depuis leur déguerpissement du marché jadis une bombe écologique pour les populations du vaste quartier de Diakhao, les mareyeurs et vendeuses de poissons tournent en rond dans le marché central, après ce vaste nettoyage du site en 2014 par le maire de la ville de Thiès Talla Sylla.

De nos jours, seule l’espace dit « marché Sham » reste occupée par des mareyeurs et des vendeuses de poissons ou tabliers, sous le contrôle de la commune de Thiès-Nord. Cette mesure est intervenue avec l’acte III de la décentralisation. Les motifs avancés à l’époque laissaient croire, selon les autorités municipales, étaient pour enrayer le marché qui était devenu bombe écologique, à cause des encombrements causés sur la voie publique et des occupations anarchiques des voies de dégagement. Aussi, face à cette situation, les autorités municipales ont trouvé le site dénommé dit « Daral Peulh » pour abriter le marché au poisson.

Une mesure qui ne semblait pas satisfaire les mareyeurs qui avaient signifié que la route qui mène vers le site était impraticable et qu’il n’y avait pas des commodités capables d’accueillir un tel monde. Dans le feu de l’action le maire de la commune de Thiès-Nord, Lamine Diallo a construit, en collaboration avec un partenaire, des boutiques haut de gamme, avançant que la nature a horreur du vide. C’est cela qui a fini par réinstaller les vendeuses de poisson dans l’autre bande. Néanmoins, les mareyeurs ont décrété une grève de 72 heures.

Leur porte-parole Habib Diop fait comprendre que ses camarades sont prêts pour faire face à l’autorité. « Nous n’allons pas quitter les lieux du fait qu’il n’y a pas de marché aux poissons à Thiès ». Pour cette raison, il demande aux autorités de réaliser des infrastructures de base dignes de nom, ou les laisser vaquer à leurs occupations. L’autre problème soulevé est lié à la cherté du pont bascule. « Nous payons plus de 18 mille francs. Ce que nous trouvons inadmissible et si la charge dépasse le poids défini, les autorités font décharger le poisson qui pourrit parce que dépourvu de frigo. En plus, nous avons reçu une sommation qui nous demande de quitter, mais nous disons non », a-t-il expliqué.

La rédaction de votre site a joint au téléphone le président de l’association national Thierno Mbengue qui signifie opter pour le dialogue plutôt que d’aller en grève. « C’est vrai que le pont bascule nous cause d’énormes difficultés. Et nous osons croire qu’il y a des politiciens encagoulés derrière ce problème. Pour moi il n’y a pas de grève. Le marché central au poisson fonctionne et reçoit beaucoup de camions frigorifiques. Je suis d’accord pour que le pont bascule soit revu à la baisse ». Selon lui, les camions frigorifiques payaient entre 2000 et 3000 Fcfa. « Mais de nos jours, nous payons jusqu’à 18000 Fcfa. Ce que nous trouvons très coûteux. Et qui plus est, si vous dépassez la charge, les choses se compliquent davantage ».

Thierno Mbengue saisit cette occasion pour dire que le président Macky Sall a beaucoup fait en direction des mareyeurs. « Il a subventionné pour près de 5 milliards de Fcfa les moteurs de pirogue. Avec la Der, c’est la rondelette somme de 9 milliards de Fcfa qu’a bénéficiés les mareyeurs et sans tranche d’âge. Il a aussi subventionné le carburant des pirogues à hauteur de 8 milliards de Fcfa ». Au regard de tous ces efforts, il demande à ses camarades de s’armer de patience et d’essayer de résoudre ce différend à l’amiable. « Ceux qui disent observer la grève, doivent arrêter et attendre le résultat de nos rencontres avec le ministre de Tutelle », appaise-t-il.

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Cette mesure est intervenue avec l’acte III de la décentralisation.

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